Marseille - février 2014

La chronique du couvent de Marseille commence cette fois-ci par un 8ème centenaire.

 

Ce n’est pas notre 8ème centenaire de la fondation de l’Ordre, mais le 8ème centenaire du sanctuaire marial sur la colline de la Garde. L’après-midi du dimanche 8 décembre 2013, avec un grand concours de fidèles, de religieux (dont quelques frères du couvent), de religieuses et du clergé, montés à la Bonne-Mère en plusieurs routes de pèlerinage, Mgr PONTIER a ouvert solennellement cette année de Jubilé. Tout au long de l’année, on fêtera à la fois la fondation du premier sanctuaire à Notre-Dame de la Garde en 1214 et les 150 ans de la basilique actuelle.
Pendant ce temps, dans l’église conventuelle au pied de la colline, on regardait aussi vers le haut : alors que la liturgie « gouzantine » nous faisait chanter « L’échelle de Jacob est la figure de ta descente parmi nous », une échelle avait installé ses quartiers dans le chœur. Car l’éclairage avait peu à peu décliné depuis la dernière restauration, et la lecture du missel à l’autel devenait plus compliquée. Pour la messe de midi sous le soleil provençal, ça passait encore, mais en prévision de la messe de la nuit, un réajustement était nécessaire, au moins pour tenir jusqu’à une future grande restauration. C’est fr. Fabien-Joseph HIGNETTE qui s’y est attelé. En bon alpiniste, il a fixé solidement quelques cordes aux voutes et grâce à la grande échelle et quelques pas d’escalade, il a redonné une jeunesse aux différents projecteurs du sanctuaire. Le bas-relief du Rosaire se trouve aussi mieux mis en valeur.
Avec ceci et tous les autres préparatifs, les fêtes de Noël ont été magnifiques. Fr. Pierre-Etienne VEILLER a embelli notre église de mille feux. Il a aussi dirigé avec brio chorale et instrumentistes. Pour la veillée de Noël et la messe de la nuit, les voix d’enfants étaient particulièrement mises en avant, pour le bonheur de chacun. Après cette magnifique célébration, les traditionnelles agapes ont été l’occasion de mieux rencontrer des fidèles que l’on voit souvent sans les connaitre et de faire un stock de gâteaux pour les desserts, récréations et goûters de toute l’Octave ! Le matin de Noël, pour la messe de l’aurore, plusieurs personnes vaillantes et pieuses sont venues se joindre aux frères pour continuer la célébration du mystère de l’Incarnation. Pour une fois, cette année les frères étaient en minorité à cette messe !
Les vacances de Noël sont aussi l’occasion pour les frères en études de revenir au couvent. Fr. Marie-Ollivier GUILLOU nous a rejoints autour de Noël avant de vite repartir travailler sur sa thèse. Fr. Vincent TIERNY était là autour du jour de l’an. Il est venu avec fr. Pius, un frère américain qui est son condisciple à l’Angélique.
Juste après Noël, l’autre grand évènement c’est la fête des Saints Innocents. Pour 24h fr. Etienne HARANT est passé du statut de plus jeune novice à celui de prieur ! On notera quelques révolutions dans la vie conventuelle : des sachets de bonbons trouvés dans les stalles « avec les compliments de votre prieur bien-aimé », l’introduction du chant gospel et de la guitare à la messe conventuelle, le quizz biblique à la place du dessert, ou encore le martyrologue prophétique où apparaissait, entre autres, Sa Béatitude Pie-Guy 1er, patriarche latin de Québec ou Abouna Jean-Marie, patriarche des patriarches d’Orient (conclusion : les patriarches sont à la mode au noviciat, est-ce signe de carriérisme ?)
La période entre Noël et le jour de l’an est aussi un temps de dispersion des frères, souvent pour aller voir les membres plus isolés de leurs familles. Heureusement l’acoustique de notre église permet d’obtenir un très bel office polyphonique même quand on n’est que quatre frères.
Au milieu du mois de janvier, nous avons eu la joie de recevoir les novices de Strasbourg et leur père-maître qui ont passé un week-end au couvent avant de rejoindre la session Saint-Dominique à Fanjeaux et Toulouse. Ce sont des novices aux parcours riches et variés.
Le dimanche 26 janvier, nous étions nombreux à la cathédrale de la Major pour l’ordination épiscopale de Mgr Jean-Marc AVELINE, le nouvel évêque auxiliaire du diocèse de Marseille. Plusieurs frères le connaissent bien pour avoir travaillé avec lui et nous lui souhaitons un ministère fructueux.
Le 28 janvier, en la fête de S. Thomas d’Aquin, nous faisions nos « adieux » à fr. Manuel RIVERO qui est parti pour Saint-Denis-de-la-Réunion. Depuis plusieurs mois déjà il faisait des allers retours et on sentait qu’il avait plus la tête à cette nouvelle mission annoncée qu’à Marseille. Nous sommes heureux avec lui de voir arriver ce départ qu’il attendait et nous lui souhaitons de bien se dépenser pour implanter l’Ordre plus solidement sur l’Ile de la Réunion.
Le couvent a aussi reçu la visite du père Michel ROUX qui a pris cette année la charge de curé de Saint-Joseph, la paroisse sur laquelle nous sommes. Il nous a parlé de ce qu’il découvre depuis sa prise de charge, de ses projets pour la paroisse et de la façon dont nous pouvons y participer comme Dominicains.
Dans les nouvelles plus générales, on se réjouit de voir le couvent attirer du monde. À la messe dominicale l’église est bien remplie. De nombreuses familles (et des familles nombreuses !) se joignent à notre prière. L’équipe des servants d’autel est bien fournie, la chorale chante de plus en plus souvent et le travail assidu du chantre et des choristes vient bien embellir nos célébrations. À la bibliothèque aussi, il est arrivé plusieurs fois qu’il y ait plus de personnes que de tables disponibles pour travailler !
Au rayon des travaux, il n’y a pas encore de grandes opérations dans le couvent, mais l’arrivée de fr. Fabien-Joseph fait du bien pour tout ce qui est petit bricolage et améliorations. Un signe ne trompe pas : l’atelier de la cave est en cours de rangement et de réaménagement pour devenir plus fonctionnel.
Les travaux plus importants sont en-dehors du couvent : depuis quelques mois la municipalité a lancé un chantier de rénovation de la placette sous le couvent. Les travaux avancent doucement. Le mois de janvier a été marqué par la réfection de la chaussée qui a nécessité la fermeture à la circulation de la rue Edmond Rostand. La portion de rue devant notre couvent est devenue une impasse ce qui vaut beaucoup d’animation : malgré les panneaux « Route barrée » et « Déviation », les automobilistes marseillais qui se sentent toujours plus intelligents que la signalisation routière s’engagent dans la rue jusqu’à butter sur des barrières et un trou infranchissable. Il faut alors remonter la rue en marche arrière, mais comme d’autres voitures se sont engagées, ce sont des colonnes de quatre, cinq, ou même six ou sept véhicules que l’on voit passer à toute heure du jour et de la nuit en marche arrière devant l’église.
Enfin, pour conclure cette chronique, il faut confier à vos prières notre fr. Georges DURAND dont la santé n’est pas très bonne. Après avoir été hospitalisé, il est revenu chez lui où il demeure grâce à l’aide et aux visites quotidiennes des services sociaux.

Dernière minute : au moment où Concorde est sous presse, on apprend que notre prieur est appelé sous d’autres cieux (moins ensoleillés !) pour continuer son marathon « priorial ». Plus d’informations dans un prochain Concorde…

fr Timothée LAGABRIELLE, op

Annonces