Marseille - avril 2014

Notre dernière chronique finissait en annonçant le départ de notre frère Denis BISSUEL pour cause d’élection priorale et promettait plus de détails dans le prochain CONCORDE. Chose promise, chose due, voici les détails, avec le récit de ces deux derniers mois à Marseille.

Fr. Denis BISSUEL devait terminer son second mandat de prieur au milieu du mois de juin. Nous savions donc que cette année serait électorale et qu’un changement de prieur s’annonçait, mais il n’était pas attendu pour si tôt ! Quelle surprise – surtout pour les frères qui ne savaient même pas que les lillois votaient – d’apprendre un soir, au réfectoire, qu’ils avaient élu notre prieur, obtenu l’accord des prieurs provinciaux concernés et que fr. Denis avait accepté l’élection. La suite a été très rapide : dans les jours suivants l’élection, fr. Denis partait quelques jours pour Lille afin de rencontrer les frères, puis, de retour à Marseille, le temps de boucler ses cartons, de faire la passation avec le nouveau prieur et le voilà en route pour s’installer à Lille. En deux semaines tout cela était fait. « Va, quitte ton pays ! » C’est dans ces moments que l’on peut mesurer ce qu’est l’obéissance que nous avons promise.
Notre petit couvent se retrouve donc avec un frère en moins. Nous regrettons ses homélies simples et profondes, sa voix puissante et juste qui soutenait si bien le chœur et ce frère apaisant et plein d’expérience. Bonne route fr. Denis, et puisque tu restes assigné à Marseille, reviens-nous dès que possible !
L’élection d’un nouveau prieur a été organisée rapidement et le 15 février, c’est notre sous-prieur fr. Dominique BARRÉ qui a été élu. C’est une première pour lui. Il reçoit l’aide de fr. René QUAN qui est notre nouveau sous-prieur, rôle qu’il connait bien. Fr. Dominique a découvert immédiatement le quotidien du prieur, notamment avec deux événements qui ont suivi l’élection : la retraite conventuelle et le décès du fr. Ceslas DURAND.
Notre retraite conventuelle avait traditionnellement lieu à la fin du mois d’août, mais la date n’est pas idéale pour les frères ayant des apostolats liés au rythme scolaire ou pour ceux qui préparent le pèlerinage du Rosaire. Nous avons donc fait l’expérience de la déplacer aux vacances de février. Ce changement nous a valu de vivre une seconde retraite annuelle de l’année ! Sous la conduite de notre nouveau prieur, nous sommes partis pour le monastère de Taulignan du 24 février au 1er mars. Nous avons été enseignés par notre frère Mgr Albert-Marie DE MONLÉON qui est aumônier de nos sœurs. Pour revivifier notre vie dominicaine, il nous a proposé des méditations sur la miséricorde. « Mon Dieu, ma miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? » Que cette phrase soit effectivement de saint Dominique ou pas, elle marque notre Ordre et notre type de vie.
Nous avons été reçus magnifiquement par nos sœurs, profitant de la beauté de leur office, du bon goût de leur cuisine et de la qualité du nouveau bâtiment d’accueil. Pour profiter de la campagne de la Drôme provençale, en revanche, on reviendra une semaine moins pluvieuse !
À notre retour, le matin du mardi 4 mars, nous apprenions le décès de notre frère Ceslas DURAND. Depuis quelques mois nous l’avions vu décliner peu à peu. Il s’est éteint tranquillement, dans son lit, à son domicile. Pour notre couvent et pour l’Église de Marseille, c’est un monument qui disparait. Qu’il soit connu sous son nom de plume (Georges LAURIS), ou sous son nom de religieux fr. Ceslas, ou comme le P. Georges DURAND, il a marqué de nombreux marseillais. Depuis longtemps il ne vivait plus au couvent et depuis moins longtemps il ne pouvait plus vraiment y venir, mais son attachement à l’Ordre restait fort. La présence amicale pour ses obsèques de notre archevêque Mgr PONTIER, de son auxiliaire Mgr AVELINE et de nombreux prêtres du diocèse était un beau témoignage du lien qu’il a été entre notre couvent et l’Église locale. Le frère Jean-Marie prononça l’homélie (voir sur cette page). Le provincial étant en Haïti, c’est son socius fr. Olivier DE SAINT MARTIN qui le représentait.
Une grande tâche nous attend maintenant : le tri de tous les papiers remplissant non seulement son appartement mais aussi un garage !… Fr. Augustin LAFFAY, en tant qu’archiviste provincial, est déjà venu mesurer l’ampleur du travail. Nous devons aussi préparer une manifestation pour revenir sur son œuvre.
Pour la vie courante du couvent, on peut noter encore quelques faits saillants :
Fr. Jean-Marie MÉRIGOUX continue de recevoir de nombreux chrétiens d’Orient. Parmi les « people », on notera la venue le 12 février de Mgr Ramzi Garmou, l’évêque de Téhéran des Chaldéens.
Au Centre Cormier, parmi la foule de propositions, un cycle de deux conférences-tables rondes organisé avec la chaîne de télévision KTO sur le thème « Chrétien(s) dans un monde païen » a remporté un franc succès. Le 23 janvier, le premier volet s’intéressait à l’histoire : Comment les premiers chrétiens ont-ils évangélisé le monde ?. Trois semaines plus tard, le 13 février le second volet s’intéressait à notre situation actuelle et comment Être chrétien(s) et transformer la société.
Les conférences de Carême sont aussi bien suivies. Celle de Jean-Marie Élie Setbon, ancien rabbin ultra-ortodoxe devenu catholique et auteur du livre-témoignage De la kippa à la croix a été particulièrement courue.
Les autres propositions du Carême reçoivent aussi un bon accueil, notamment le chemin de Croix après la messe du vendredi midi et la messe de 6h45 le mercredi matin. Cette messe matinale a lieu à la crypte qui est de plus en plus utilisée, par différents groupes de jeunes, par les répétitions de la chorale, etc.
Enfin, on pourra se réjouir des bonnes nouvelles de la santé de fr. Guy LESPINAY. Ce que les examens médicaux disent, on le voit aussi en constatant qu’il a retrouvé son profil de bon-vivant et qu’il retrouve des activités. Rendons grâce au Seigneur pour tous les bienfaits qu’il nous accorde !

fr. Timothée LAGABRIELLE, op

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