Figures dominicaines

 

L’Ordre des Prêcheurs a compté de très nombreux saints, saintes et bienheureux dans ses rangs depuis sa fondation au XIIIe siècle. A ces figures, on peut et doit ajouter toutes celles qui, sans figurer au sanctoral, n’en ont pas moins marqué leur époque. Ici, nous présentons un tout petit florilège.




* Saint Albert le Grand (1206-1280)
* Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)
* Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
* Bienheureux Fra Angelico (1400-1455)
* Frère Bartolomé de Las Casas (1484-1566) et bien d’autres…

Albert le Grand    
Saint Albert le Grand (1206-1280)

Frère Albert de Cologne passait pour l’homme le plus savant de son temps ; on disait qu’il n’ignorait rien de ce qui pouvait alors être connu : philosophie, théologie, physique, biologie… Loin de l’égarer ou de le couper de ses contemporains, ce savoir encyclopédique fut pour lui un chemin de sainteté, car il le consacra tout entier au service de la vérité de la foi au Christ. Par ses livres, par son enseignement dans les universités de Paris ou de Cologne, il a voulu réaliser la synthèse de toutes les découvertes scientifiques de la renaissance médiévale du XIIIe siècle avec la tradition de l’Eglise. Evêque de Ratisbonne en 1260, il résilia cette charge deux ans plus tard pour mieux servir l’Eglise par ses travaux et ses cours. En le déclarant Docteur de l’Eglise en 1931, Pie XI en a fait le modèle des scientifiques chrétiens.
Thomas d'Aquin    
Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

Avec Frère Thomas d’Aquin, l’Église montre qu’elle n’a jamais méprisé l’intelligence, mais qu’elle lui a donné ses lettres de noblesse. Au XIIIe siècle, la redécouverte des philosophes païens (Aristote en particulier), et I’effervescence intellectuelle semblaient menacer la vérité chrétienne. Entré de plain-pied dans ces bouleversements, saint Thomas a montré qu’une intelligence de la foi intégrant le savoir humain peut être une voie privilégiée du retour de l’homme vers Dieu. Par son enseignement à I’Université de Paris, par ses écrits philosophiques et théologiques, il a conduit l’évangélisme de saint Dominique au coeur de la soif humaine de vérité. Le silencieux disciple d’Albert se révélait être un esprit original et puissant, capable de mener plus loin que son maître, et ailleurs, la pensée chrétienne. Plein de confiance dans les capacités de la raison, mais plus encore rempli d’ardeur contemplative, il a élaboré, par exemple dans la Somme Théologique ou le Contra Gentiles, la synthèse théologique la plus audacieusement fidèle aux mystères de la Foi. C’est pourquoi l’Eglise en a fait le Prince des théologiens et le Docteur commun de son enseignement.
Catherine de Sienne    
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

Au coeur d’une Italie ravagée de guerre et de violence et d’une Eglise en grand besoin de réforme, au bord du grand schisme, à Sienne, grandit à l’ombre du couvent des Dominicains la fille d’un artisan teinturier : Catherine. Elle restera laïque mais recevra de l’Ordre la permission de porter le manteau noir et de prêcher la Paix de l’Evangile. Sûre qu’elle n’est rien et que Dieu Est, elle aura toutes les audaces criant à Dieu, au Pape, aux grands et aux humbles : «Je veux» ! Et elle obtient de Dieu le salut des pécheurs, du pape qu’il rentre à Rome, du peuple des cités d’Italie la paix. Elle meurt à Rome, consumée d’amour pour l’Eglise.

Bienheureux Fra Angelico (1400-1455)

Au XVe s., Florence rayonne : elle est «l’atelier» de l’Europe où se forge la Renaissance. Philosophes et humanistes, peintres et sculpteurs y rivalisent de génie. A ses portes, les dominicains les plus observants ont établi un couvent à Fiesole qui sera une pépinière de saints. C’est là qu’entre le jeune frère Jean. ll prêchera avec son pinceau, de retables en fresques et de cellules -les plus célèbres sont celles du couvent Saint-Marc de Florence- en chapelles. Il saura fondre les dernières nouveautés de la peinture de la Renaissance avec toute la tradition théologique et spirituelle de son Ordre héritée du Moyen Age. Eblouis par la puissance contemplative de sa peinture, ses contemporains le surnommeront le Bienheureux Angélique. Il est fêté dans l’Ordre le 18 Février.

Frère Bartolomé de Las Casas (1484-1566)

1514 à Cuba, le Père de Las Casas prépare son sermon de Pentecôte. Comme tous les colons espagnols de ce Nouveau Monde découvert en 1492, il a propriétés et indiens en esclavage. Et brutalement l’opposition à l’Evangile de cette situation le bouleverse. Après quelques essais infructueux d’une politique coloniale nouvelle, il entre chez les Prêcheurs en 1522. Désormais, jusqu’à sa mort aux Antilles, au Guatemala, ou en Espagne, il ne cessera de se battre pour les droits des indiens comme frère prêcheur, évêque ou “Défenseur des Indiens” à la Cour. En 1566, le “collecteur des larmes des Indes” remet la défense des indiens au pape dominicain Saint Pie V et s’endort à 82 ans.

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