Histoire de la Province dominicaine de Toulouse

L’histoire de la province ne commence qu’en 1865. Auparavant, avait été érigée en 1850 l’unique province de France, de laquelle avait été détachée en 1862 la province “d’Occitanie ou de l’Immaculée-Conception”, dite de Lyon.

La province de Toulouse est érigée par le P. Jandel le 4 juillet 1865. Le 17 octobre suivant, le P. Cormier, alors âgé de trente-trois ans, est institué prieur provincial (mais il ne sera transfilié à la province de Toulouse que le 28 novembre 1873, au terme de son second provincialat). Quoique réticent envers le libéralisme de Lacordaire, le P. Cormier fera en sorte que la province de Toulouse ne constitue pas un facteur supplémentaire de discorde entre dominicains français.

En 1865, la province comprenait deux couvents : Toulouse (fondé en 1853), Saint-Maximin avec le vicariat de la Sainte-Baume (1859), et deux maisons : Mazères (1856), Marseille (1862), qui seront érigées en couvents le 29 avril 1867. Le couvent de Bordeaux (1855) avec son vicariat d’Arcachon, quoique destiné à la province de Toulouse, reste à la province de France jusqu’au 1er mai 1868. En 1869, au terme du premier mandat du P. Cormier, la province compte 30 prêtres, 4 frères étudiants, 9 frères convers, répartis en 7 implantations (compte tenu des vicariats).
Les expulsions de l’automne 1880 ont provoqué la fermeture des couvents durant plusieurs années, sans toutefois entraîner la perte du patrimoine immobilier. Le studium, transporté en corps de Saint-Maximin à Salamanque jusqu’en 1886, est demeuré intact : le recrutement n’a pas été tari. Revenu à Toulouse en 1886, le chapitre de 1890 décide de le laisser là, “où les reliques de saint Thomas d’Aquin, les souvenirs de saint Dominique, la gloire de nos anciens docteurs constituent des sources de grâces et une incitation vive à progresser dans les études”.

La fondation missionnaire au Brésil, projetée dès 1877-1878, a été décidée par le chapitre provincial de 1881 et a abouti à Ureraba en 1881 (cf. Livre Chroniques de le Couvent de Saint Dominique (Uberaba).), à Goyaz en 1883, à Porto Nacional en 1886, à Conçeiçao en 1896, à Formosa en 1905.Les primières frères "pro incapienda brasiliense missione" sont: Fr. Raimund Madré (prieur de la mission); Fr. Lazaro Melizan (père), Fr. Gabriel Mole (coopérateur).  L’implantation urbaine ne viendra que plus tard (Rio en 1927, Sao Paulo en 1958). Elle aboutira à la création de la province du Brésil, canoniquement érigée le 7 mars 1952.

En France, c’est la période de la fondation de Biarritz (décidée en 1888, réalisée en 1889, érigée en 1890, constituée en couvent formel en 1900) et du vicariat de Prouilhe (par le chapitre de 1894). Le couvent de Mazères, où avait été créée en 1876 une école apostolique, transférée à Toulouse en 1894, a été loué en 1895 aux dominicaines de l’Immaculée-Conception pour y tenir un pensionnat.

L’état du Tiers-Ordre fournit un indice du rayonnement de l’Ordre dans le Midi : en 1902, sur le territoire de la province, existent 72 fraternités.

L’expulsion de 1903 donne un sévère coup d’arrêt, car elle entraîne la dispersion des frères et la perte du patrimoine. Mazères disparaît alors définitivement. Alors que les autres provinces françaises transportent leur couvent de formation hors frontières, les jeunes frères de Toulouse et leurs formateurs seront accueillis au couvent de la Quercia (Viterbe), dans lequel ils ne constituent pas une communauté autonome ; puis les étudiants seront envoyés un an au couvent de Fiesole, ensuite à l’Angelicum (fondé par le P. Cormier en 1909-1910). La province avait envisagé en vain une fondation en territoire italien, à proximité de la frontière. Le seul abri à l’extérieur a été celui de Pasajes, au pays basque espagnol, où se sont tenus quelques chapitres provinciaux. Pour le recrutement de la province, cette période a été catastrophique.

Les couvents ne rouvriront progressivement qu’après la guerre (Marseille peut-être en premier, l’église en mai 1919, le couvent en 1921) et c’est autour de Saint-Maximin, rouvert le 27 janvier 1920, redevenu noviciat et studium, que la province se reconstitue et prend son essor. Seules fondations de l’entre-deux guerres : Montpellier en 1920, dont l’avenir est resté longtemps incertain, qui a été érigé en maison formelle le 31 octobre 1945 et en couvent le 10 décembre 1958 ; Nice en 1939, érigé en maison formelle le 6 février 1943 et en couvent le 14 août 1955. Après la guerre, fondation de la maison Saint-Paul pour la mission ouvrière à La Cabucelle (Marseille) de 1947 à 1954, et de la maison Saint-Dominique à Fanjeaux de 1958 à 1961.

Lors de la suppression de la congrégation enseignante, la province a dû se charger de trois collèges situés sur son territoire (Sorèze, Arcachon, Marseille).

La construction du couvent Saint-Thomas d’Aquin de Toulouse (érigé en couvent le 29 septembre 1957) a entraîné la fermeture du couvent de Biarritz, du couvent Saint-Romain de Toulouse et du couvent de Saint-Maximin.

Le projet missionnaire de la province, après le Brésil, s’est porté vers Montevideo (où a été fondée une maison en 1956, fermée en 1970) ; vers la Guadeloupe (en 1955 au Moule, abandonné en 1960 ; en 1958 à Pointe-à-Pitre, jusqu’au chapitre de 1969 qui décide de fermer la maison), vers Haïti (premières démarches en 1972, maison érigée canoniquement en 1982), vers le Pérou (maison érigée en 1980), vers la Réunion (maison érigée en 1997). Il se portera bientôt sur Madagascar.

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