La chasteté

 Celui qui fait vœu de chasteté - et cela est valable pour tous les religieux - ne le fait que par amour exclusif du Seigneur. Il donne sa vie à Celui qui nous a aimés le premier, à Dieu. Il donne ce qu’il a de meilleur, ce qui lui tient le plus à cœur : fonder une famille.

Dans cette ligne, le frère prêcheur peut dire, de quelque manière, qu’il épouse la Parole. Il lui consacre toute sa vie. Il lui sacrifie son avenir. Elle sera sa descendance, comme elle est son aujourd’hui. Hors d’elle, rien ne compte pour lui. Voiià où l’on retrouve la passion, cette passion pour l’Évangile qui est au cœur amoureux de tous ceux qui mettent leurs pas dans ceux de saint Dominique, qui a mis lui-même les siens dans ceux de son Seigneur. Passion amoureuse, passion douloureuse, passion dévorante. Passion qui engage dans un combat (en grec, combattre se dit agonizein ) qui dure toute la vie, dans un choix toujours à refaire. Amour de Dieu, amour de l’Évangile, amour de tous ceux auxquels le Seigneur envoie.

Car le frère prêcheur est voué à un ministère quasiment amoureux. 11 n’est pas indifférent à ceux qu’il rencontre. Il est amené à les aimer, et souvent il est aimé en retour. On ne dit pas aux autres que Dieu les aime, sans les aimer soi-même. Jésus a eu des amis. Il a aimé les enfants qui, spontanément, l’aimaient. Il a aimé ses disciples, et l’un d’eux se vante d’avoir été « le disciple que Jésus aimait ». Il a eu avec Pierre un dialogue d’amour, qui manifeste à quelle profondeur il était attaché à lui. Et l’Église est née de cette amitié chaleureuse (Cf. Jn 20, 15). L’Eglise est née du cœur transpercé du Seigneur, de ce cœur vénéré, dont le trop-plein d’amour se déverse sur le monde (Cf. Jn 19, 34).

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